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Al-Noor Journal for Humanities
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https://jnh.alnoor.edu.iq/
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Difficultés et enjeux éthiques dans la traduction des textes traités via l’intelligence artificielle générative
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A Alghannami,
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Université de Bretagne Occidentale/ Brest
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Article information
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Abstract
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Article history:
Received 3 June, 2024
Revised 25, June, 2024
Accepted 14 July, 2024
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Cet article explore l’impact croissant de l’intelligence artificielle (IA) sur le domaine de la traduction, en particulier dans les sciences humaines et sociales (SHS). Depuis ses débuts, l’IA a connu une évolution significative, notamment avec l’avènement de la traduction automatique neuronale. L’étude analyse les avantages de ces technologies, comme la rapidité et l’accessibilité, tout en soulignant les limites majeures, notamment l’incapacité à restituer les émotions, les subtilités culturelles ou les textes juridiques complexes. L’article aborde aussi les enjeux éthiques liés à la confidentialité des données et aux biais culturels inhérents aux systèmes d’IA. Il conclut sur la nécessité de combiner l’efficacité des outils IA avec l’expertise humaine pour garantir une traduction de qualité, notamment dans les domaines sensibles comme la littérature, la poésie ou le droit.
Key words: Intelligence, artificielle, Traduction, automatique, Traduction, neuronale
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Keywords:
Artificial Intelligence
Machine Translation
Neural Translation
Humanities and Social Sciences
AI Ethics
Cultural Bias
Data Privacy
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Correspondence:
A Alghannami
[email protected]
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DOI: https://doi.org/10.69513/jnfh.v2.i4.a12 ©Authors, 2024, College of Education, Alnoor University.
This is an open access article under the CC BY 4.0 license (http://creativecommons.org/licenses/by/4.0/).
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Artificial Intelligence and Its Limitations in the Translation of Texts in the Humanities and Social Sciences
A Alghannami
Université de Bretagne Occidentale/ Brest
المستخلص :
This article explores the growing impact of Artificial Intelligence (AI) on the field of translation, particularly in the humanities and social sciences (HSS). Since its emergence, AI has significantly evolved, especially with the rise of neural machine translation. The study highlights the advantages of these technologies, such as speed and accessibility, while emphasizing key limitations—namely their inability to reproduce emotions, cultural nuances, or complex legal language. The article also addresses ethical concerns regarding data privacy and cultural bias inherent in AI systems. It concludes by asserting the need to balance AI efficiency with human expertise to ensure high-quality translations, especially in sensitive fields like literature, poetry, and law.
1.Introduction
Depuis son apparition, qui remonte aux années cinquante du dernier siècle, l’intelligence artificielle (IA) est une question importante et controversée. Mais dans le même temps, elle a révolutionné de nombreux domaines de la recherche scientifique et humaine notamment celui de la langue et de la traduction. De plus, l’IA a réalisé des progrès remarquables en contribuant à la création de nouveaux horizons et possibilités dans la sphère de traduction automatique de divers textes, qui joue un rôle efficace pour faciliter en rapidité le processus de traduction et économiser du temps.En effet, traduire un texte d’une langue à une autre langue figure une tâche qui exige à la fois un bagage cognitif,
culturel et éthique en raison des nuances au niveau culturel et social, etc., afin d’avoir un texte beaucoup plus proche de celui de l’original.
Toutefois, comme l’utilisation de l’IA dans le traitement des textes présente clairement de nombreux défis, tant de questions sont déjà formulées dans cette contribution : Qu’entend-on par l’IA ? Quelle place peut avoir l’IA dans les sciences humaines ? L’IA pourrait-elle remplacer les traducteurs humains dans le domaine de traduction ? Quels enjeux d'éthique qu’on fait face dans la traduction gérée par l'IA ? Dans quel champ disciplinaire, certains textes semblent-ils difficiles à traduire via l'IA ?
L'intelligence artificielle est largement utilisée dans les sciences humaines et sociales, en particulier dans le domaine de la traduction, offrant de nombreux avantages efficace et remarquable. Cependant, la traduction de l’IA pose également des défis et des questions d’éthique importante. Dans ceci, il vaut mieux de trouver un équilibre entre la traduction basée sur l’IA et le maintien de normes élevées en matière de bonne qualité de traduction et la protection des données personnelles ainsi que professionnelles par l’IA.
En bref, cette étude cherche donc à identifier les défis auxquels on fait face lors de traduction de différents textes par les logiciels de traduction de l’IA et examiner la principale problématique d’éthique associée à l’usage de l’IA, en particulier, les biais culturels et la confidentialité des données dans la traduction par l’IA.
1.L’apport de l’IA en SHS
L’intelligence artificielle (IA) s’est imposée rapidement dans tous les secteurs de la vie. L'IA a été largement investi dans beaucoup de domaines et les sciences humaines et sociales (SHS) ne font pas donc exception. Ainsi, c’est un domaine de recherche qui a de nombreux applications en SHS par exemple dans les humanités numériques, la pédagogie des langues, l’économie, la psychologie, etc. (1). Même si, l’IA représente positivement une avancée importante, tant de limites où les chercheurs font face surtout en matière des compétences, des ressources nécessaires, d’enjeux scientifiques et éthiques.
En tant que technologie innovante, l’IA a permis simultanément d’élargir le champ d’études dans différentes disciplines en SHS. D’un côté, l’IA y a apporté de nouveaux outils, et de l’autre, les sciences humaines et sociales contribuent à fournir des méthodes et des modèles qui ont permis de mieux analyser les impacts sociétaux de l’intelligence.
En fait, les sciences humaines et sociales (SHS) ont adopté l’utilisation de l’IA comme nouvelle approche de recherche disciplinaire. Il s'inscrit dans un objet de recherche cognitive et une méthodologie large pour le traitement de données dans le but d'accomplir de nombreuses tâches dans les différents domaines de recherche.
De plus, G. Saurent, dans son étude, a mis l’accent sur l’importance de l’IA en SHS, il indique :
« Pour les initiés, ce qu’on appelle communément IA correspond dans le monde de la recherche aux méthodes, aux algorithmes et aux librairies logicielles implémentant les principes de l’apprentissage automatique et de l’apprentissage profond. Ces deux méthodes connexes se révèlent en effet particulièrement efficaces dans l’analyse automatique du signal (image, son) et dans l’analyse automatique du langage. Elles s’avèrent ainsi d’excellentes candidates pour traiter les objets de recherche des différentes disciplines de SHS » (2).
L’apport de l’intelligence artificielle (IA) en SHS permet d’utiliser de nouveaux outils. Ceux-ci peuvent de mieux analyser à titre d’exemple les archives, les documents anciens, les images et les sons, etc. Ils aident aussi à traiter une variété de données et extraire d’informations marquantes dans le domaine de recherche visée.
Il ressort qu’en SHS, l’intelligence artificielle fait l’objet de la génération automatique de texte, de la traduction automatique, de la détection des modèles et sujets qui étaient auparavant difficiles à repérer et à faire.
1.L’intelligence artificielle : problème du terme
Il n’est pas facile de définir l’IA parce qu’il n’y a pas une définition unique mais de multiples intelligences artificielles où elle représente un outil numérique de traitement en ce moment. Toutefois, l’intérêt de l’intelligence artificielle réside dans son rôle important qu’il joue ces dernières années dans les domaines de recherche. A proprement parler, l’IA n’est pas justement une technologie, mais un portail large de recherche scientifique qui peut nous accorder des outils répondant à certains critères. Dans ce sens, L. Julia a dit :
« […] on ne pourrait dire que l’IA n’est rien d’autre qu’une boîte à outils. Une boîte à outils qui contient des outils multiples et variés très spécialisés. Comme on va trouver dans une boite a outils classique un marteau, un tournevis ou une scie, on va trouver dans l’IA des outils aussi variés que la reconnaissance de la parole, la génération de musique ou la détection de tumeurs cancéreuses en imagier médicale » (3).
Ici, on fait face à une analogie importante pour qu’on puisse comprendre les variétés des applications de l’IA. De la même manière qu'une boîte à outils, l'intelligence artificielle est utilisée pour différents emplois qui ont pour objectif de réaliser diverses tâches. l’IA est donc un domaine de recherche en constante évolution visant à améliorer les machines à apprendre d’une part et à trouver des solutions aux problèmes d’autre part. Ainsi, l’IA est peut être utilisée à bon ou mauvais escient pour mener à bien des tâches pour lesquelles, elle a été développé, c’est donc dans la même définition qu’un outil, mais elle peut également être potentiellement dangereuse, si elle est utilisée dans un autre contexte, tout comme une arme à double tranchant .
L’intelligence artificielle est défini comme « tout outil utilisé par une machine afin de reproduire des comportements liés aux humains, tels que le raisonnement, la planification et la créativité » (https://www.cnil.fr, 22 janvier 2024). Mais, dans ce propos, certains spécialistes dans le domaine de l’IA le font par erreur comme une sorte de créativité parce que l’IA génère les informations qui lui sont fournies tandis qu’elle ne crée rien. Cependant, l’idée de créativité reste principalement du côté de l’être humain bien que de divers moyens nous soient offerts pour interagir avec les IA génératives. (Ibid. :34).
De plus, selon Larousse, l’intelligence artificielle signifie « ensemble de théorie et de technique mises en œuvre en vue de réaliser des machines capables de simuler l’intelligence humaine » (https://www.larousse.fr, 23 janvier 2024). Ainsi, une autre acception nous semble utile et plus exacte, elle met au claire l’importance de l’emploi de l’IA dans les domaines de la vie :
«toutes ces technologies ont pour but de nous assister dans des tâches ponctuelles, souvent répétitives et fortement codifiées. Elles nous fournissent une aide qui vient amplifier notre humanité, et augmenter nos capacités intellectuelles, mais elles ne peuvent en aucun cas nous remplacer » (cite par George 2019 (4)
Autrement dit, l’IA est un type de technologie qui assiste les humains, et non plutôt les remplacer. L’IA cherche à effectuer des tâches un peu près compliquées avec plus de précision. Il ne peut pas remplacer les compétences humaines comme par exemple l’empathie, la prise de décision et la pensée critique, etc.
De ce qui vient d’être dit, l’IA fait partie de l’espace de l’informatique, elle cherche à créer un système apte à effectuer rapidement des tâches qui nécessiteront sans doute l’intelligence humaine. Mais, plus largement, elle représente comme tout un concept multidimensionnel, difficile à définir à cause de sa nature étendue et évolutive.
- 2. Les deux pistes intelligentes de traduction
De nos jours, l’IA a connu développement monumental dans le domaine de traduction, tout comme dans de nombreux domaines d’activité (banque, transcription, armée, production, sport, médecine…). Ils sont beaucoup les outils de traduction que l'on utilise avec l’intelligence artificielle (IA). Depuis des années, la Google Traduction, qui marque la même fonctionnalité de traduction que celle de l’IA, a fait son apparition dans le sphère de traduction automatique. Mais, cet outil de traduction porte sur, en même temps, des limites du fait qu'il y a une traduction littérale et des erreurs au niveau de sens traduit.
(A) - Traduction automatique (TA)
Dans la traduction automatique, le fait de traduire un texte est un processus automatique et rapide d’une langue source vers une langue cible. A l’ère actuelle, beaucoup de chercheurs, traducteurs et amateurs ont recours à l’utilisation de la traduction automatique parce qu’elle réalise le processus de traduction rapidement et avec une grande efficacité. Aussi, elle ne coûte rien si l’on compare avec une traduction assermentée issue par traducteurs professionnels.
Dans le champs de traduction automatique, on distingue deux types de traduction ; le premier type appelé la traduction automatique RBMD qui sert des dictionnaires en vue de traduire un contenu. Son objectif est donc d'analyser chaque mot indépendamment et les règles grammaticales des langues afin de les substituer dans la langue cible (Loffler-Laurian 1996 : 96). Autrement dit, ce type de traduction s’agit de traduire mot à mot d’une façon littérale mais sans prendre en considération le sens du texte et son contexte.
Plus largement, le système de TA, tout comme d’un outil d’aide à la traduction, est conçu comme l’a expliqué N. Kübler en soulignant :
« Par conséquent, on doit considérer que la TA est un outil d’aide à la traduction presque au même titre que les dictionnaires électroniques monolingues ou multilingues, les concordanciers, les mémoires de traduction, les vérificateurs orthographiques et grammaticaux, la fonction « recherche » sous Word » (Kübler 2013 ( 5).
L’autre type est celle de statistique dit SMT. Il tient en compte des unités plus volumineuses telle des groupes de mots ou des expressions. En réalité, le moteur de traduction effectue des recherches dans des bases de données existantes pour trouver la traduction appropriée au contenu voulu, en utilisant des ensembles de mots ou des courtes phrases Moulin (1964) ( 5 b). Par ailleurs, ce type de traduction tente de traduire à la fois des mots par des mots. Ce dernier type de traduction, bien qu’il soit plus performant que le premier, il reste inadapté et insuffisant à tous les textes.
(B)- Traduction automatique neuronale (TAN)
La première apparition de ce qu’on appelle communément la traduction via l’intelligence artificielle (IA), a été en 2017 avec un outil de traduction neuronale nommé DeepL. Ainsi, c’est un type de traduction qui a marqué un bouleversement dans le monde de traduction automatique puisqu’elle fonctionne à l’ide de l’IA.
Ainsi, la traduction automatique neuronale (TAN) est une sorte de technologie intelligente. Elle est basée donc sur de neurones artificiels inspirés de ceux de l’être humain qui tient en compte l’intégralité du texte ainsi que son contexte (Barbin 2020) (6). À l’opposé de la traduction automatique, la traduction de l’IA cherche à traduire des phrases toutes entières sans déformer autant que possible le texte et perdre son sens originel. Autrement dit, la traduction gérée par l’IA permet aussi de l’observation des mots ainsi que leur importance et la façon dont ils sont interconnectés (Lavault-Olléon et Zimina 2019 (6 b).
- 5. Traducteur artificiel vs traducteur humain (émotionnelle)
En tant qu’une activité humaine, la traduction est partie prenante du domaine de la traductologie. Elle se donne pour but la traduction de divers textes intellectuelles, littéraires, scientifiques et culturelles de la langue source vers la langue cible. A cet effet, Victor Hugo met l’accent sur l’ampleur de la traduction humaine, il a souligné que « les traducteurs humains étaient des constructeur des ponts grâce auxquels les peuples peuvent se rendre visite » (7 ), cela explique donc l’importance accordée à la place de la traduction par l’être humain.
Plus tard, avec le développement rapide de la technologie, la traduction a connu également un essor remarquable en particulier comme celle de l’intelligence artificielle (IA) mais est-ce que celle-ci remplacera le traducteur humain ? En fait, il est indéniablement que l’utilisation accrue de l’intelligence artificielle (IA), comme un outil multi-usages, joue un rôle notable dans beaucoup de secteurs de la vie d’aujourd’hui y compris la traduction. L’IA a prêté ainsi une attention particulière et significative à la traduction automatique mais avec certaines limites par rapport à la traduction gérée par l’être humain.
Pour le reste, la traduction automatique par l’intelligence artificielle tente de traduire des textes simples et courants mais qui ne sont pas toujours authentique. Elle contribue à nous donner un résultat en quelque sorte satisfaisant dans l’ensemble des cas. Alors, on peut trouver que parmi les différents problèmes que la traduction par l’IA rencontre s’expliquer par : « la différence des structures linguistiques et de pensée dans la langue source et langue cible, ainsi que de la perception et de l’expression du monde, c’est-à-dire par une différence culturelle » (8).
Mais, d’une part, la traduction humaine cherche à traiter les subtilités du contenu de la langue. De l’autre, elle participe à déceler l’intention ainsi que le style de l’auteur dans certains domaines à titre d’exemple la poésie, le droit, la publicité, etc. La traduction humaine jouit d'une importance considérable par rapport à celle de l'IA en matière de compréhension contextuelle du texte, de nuances culturelles et de barrières linguistiques (9). Plus largement, il est clair que la traduction automatique par l’intelligence artificielle ne peut pas se substituer le rôle du traducteur humain en raison de sa capacité limitée à interpréter le contexte des textes traduits. En ce qui concerne la qualité, elle manque aussi d’authenticité et de justesse, ce qui altérer considérablement le sens visé et engendrer nombreuses erreurs .
À l’opposé de la traduction humaine qui effectue des options créatives dans le but de rendre la traduction des textes en questions plus adéquate dans la langue cible. La traduction automatique par l’intelligence artificielle manque de ces qualités essentiels qui sont l’adaptation et la créativité lors du traitement des textes traduits (Ibid. : 170).
En bref, dans la traduction gérée par l’IA, on trouve que malgré l’évolution de ses outils en cours, mais ceux-ci font partie des outils complémentaires plutôt que substitutifs, ils peuvent aider à l’accélération du processus de traduction automatique des textes (op.cit. : 169). Malgré tout, le rôle du traducteur humain demeure crucial et irremplaçable, ce qui implique la relecture et la correction des textes traduits. Cependant, il est essentiel de tenir compte de l'expertise et de la sensibilité culturelle dans le domaine de la traduction humaine, car cela garantit l'exactitude de la traduction.
- 6. Les valeurs éthiques dans la traduction de l’IA
Les outils de l’intelligence artificielle sont partout, ils sont employés dans le secteur de la sécurité, la traduction, les robots, les mobiles, etc. Par ailleurs, la contribution de l’IA au développement du domaine de la traduction a été fait à travers ses différents outils Google translate, DeepL, ChatGPT qui font partie de la même famille. Mais, cet emploi de l’IA soulève également tant de problèmes importants au niveau de l’éthique. A ce sujet, la question que l’on pourrait poser est la suivante: comment utilise-t-on une technologie de l’intelligence artificielle basée sur la responsabilité et le respect des données pendant la traduction des textes ?
Ainsi, le fait de traduire un texte, il exige que le traducteur suit la déontologie du métier afin de préserver l'originalité du texte traduit et de respecter les informations qu'il contient. D’ailleurs, dans le sphère de cette technologie, le terme d’éthique de l’IA :« tend à englober l’ensemble des aspects non techniques des systèmes algorithmiques : les interrogations sur leurs usages, sur leurs conséquences sociales ou sur leurs régulations juridiques » (Beaudouin, Velkovska 2023 (11). Autrement dit, cette notion d’éthique porte sur les biais, la protection des données qui peuvent être personnelles ou professionnelles, les risques de manipulation au moment du processus de traduction.
Cependant, l’un des obstacles liés à la traduction de l’IA réside dans la présence éventuelle de biais et de préjugés incorporés dans les systèmes à travers ce que les experts désignent par les stéréotypes et discriminations qui sont présents dans la société. De ce fait, une récente étude montre que les traductions gérées automatiquement peuvent être influencées par des préjugés, de race et de classe sociale. (12).
De même, la traduction automatique peut renforcer et répliquer ces biais ce qui pose un problème d’éthique, c’est la raison pour laquelle il est nécessaire d’instaurer un mécanisme afin d’atténuer ou déceler ces biais pour obtenir une traduction authentique et équitable des textes.
Puis, étant donné que la traduction automatique se base toujours sur un traitement de grande quantité de données, tels les documents officiels, personnelles et les rapports médicaux, etc. D’autre défis auxquels nous pouvons nous confronter lors du processus de traduction par l’IA, il y a, par exemple, la question du respect de la confidentialité des informations que les textes traduits contiennent pendant la traduction par l’IA (13). Par conséquent, il est indispensable que ces informations soient bien traitées voire protégées confidentiellement. Alors, pour garantir une bonne sécurité d’ informations, il est important que les outils de l’IA soient conçus de manière à empêcher tout accès non autorisé et illégal.
Lors de la traduction d'un texte via l’intelligence artificielle, le maintien de la confidentialité des informations doit être une priorité absolue surtout s'il s'agit de données d'individus ou d'institutions officielles. En conséquence, afin d’avoir une meilleure originalité dans la traduction des textes, de bons dispositifs doivent être mis en place par les spécialistes qui travaillent encore sur le développement des outils traducteurs de l’IA.
À ce sujet, dans son article sur la protection des données lors de l'utilisation d’outils de traduction automatique, L. Abadi montre : « il propose des approches telles que la cryptographie homomorphique et la confidentialité différentielle pour garantir que les données sensibles ne soient pas compromises lors de l'apprentissage automatique » (14)
L’utilisation d’outils de traduction de l’IA peut parfois marginaliser le rôle du traducteur humain, ce qui pose un autre problème éthique ayant un impact négatif dans le domaine de la traduction humaine. Alors, quoique cette technologie traite rapidement le processus de traduction automatique mais elle peut mettre en cause une diminution à la demande des traducteurs humains (3). C’est pour cette raison, il devrait tenir compte des effets économiques et sociales de la traduction gérée artificiellement.
Par rapport à la traduction artificielle, il est crucial de prêter attention à la question de l’éthique dans la traduction de l’IA en adoptant des systèmes développés de traduction afin d’éviter tout plagiat des données, des biais et des préjugés. Dans ceci, il est aussi important de respecter la vie privée ainsi que la confidentialité des utilisateurs qui, à leur tour, prennent en considération l’importance des impacts secondaires pour les traducteurs humains professionnels.
- 7. Les limites de traduction de l’IA dans certains domaines en SHS
Malgré le fait que l’intelligence artificielle a joué un rôle crucial au développement de la traduction, certaines compétences demeurent hors de sa portée. Dans certains domaines disciplinaires, il est impossible pour la traduction par intelligence artificielle de traduire des textes en raison de la complexité du langage et de la variété des contextes.
Avec la bonne subtilité de l’intelligence artificielle dans le traitement des textes a traduits mais elle reste dans un certain temps incapable de traduire la sensation humaine que l’on peut trouver abondamment dans les œuvres littéraires comme par exemple la poésie, le roman, etc. Par ailleurs, la langue de traduction issue de l’intelligence artificielle ne peut jamais traduire l’imagination sensorielle de l’homme ou l’image poétique en particulier dans les poèmes (15) . A cet effet, il s’avère que : «La langue de la traduction automatique n’est pas sans doute la langue proprement littéraire, caractérisée par la vérité des tons et par des préoccupations esthétiques, mais elle est la langue des travaux scientifique et technique » (Blois et al 1968 : 63).
En d’autres termes, il s’agit de l’incapacité de traduire telle ou telle œuvre littéraire, compte tenu ces types de textes regorge d’allusions culturelles, de métaphores et de jeux de mots souvent difficiles à traduire via les outils de traduction de l’IA . Parce qu'elle ne peut pas exprimer ce que pense l'écrivain ou le poète de l'état psychologique qu'il éprouve dans son œuvre, qui peut être triste ou heureux. A ce titre, on trouve que la traduction pour certaines œuvres littéraires comme celle de Molière, Rimbaud, etc., est en quelque sorte délicate et pose de problème car le style de la langue, chez eux, est riche de métaphore et images poétique (8).
D’un côté, une autre limite que l’IA fait face dans la traduction des expressions idiomatiques que l’on trouve dans toute langue vivante. Ceux-ci sont définis comme : « une construction ou une locution particulière à une langue, qui porte un sens par son tout et non par chacun des mots qui la composent » (http://classeelementaire.free.fr, 7 février 2024). En fait, une expression idiomatique ne peut pas être traduite simplement dans une autre langue sans perdre sa signification. Alors, les outils de l’IA peuvent gérer la traduction de ces idiomatiques littéralement mais à la fois, ils éprouvent des difficultés à communiquer des idées plus complexes qui sont fréquemment transmises par ces expressions.
De l’autre, dans le domaine de la linguistique, l’analyse sémantique est indissociable de la traduction des textes, parce qu’elle étudie la signification des mots et des phrases textes (16 ). Toutefois, la traduction générative de l’IA ne peut pas saisir la totalité du sens du texte traduit. C’est pourquoi les outils de traduction peuvent générer des traductions correctes sur le plan grammatical, mais qui ne sont pas nécessairement en accord avec l'intention de l'auteur.
Mais encore, d'autres textes sont également difficiles d'être traduits par la traduction de l’IA tel est le cas des textes juridiques. En effet, le langage utilisé dans le texte juridique est sans doute très technique et spécifique et le concept juridique adopte peut varier d’un pays à l’autre, voire un même terme peut avoir des significations différentes d'un endroit à un autre. C’est le cas, lorsqu’on traduit d’un contrat d’un système juridique quelconque à un autre nécessite souvent une précision parfaite, tant linguistique que juridique (17 ) Ainsi, en terme de traduction juridique, il est indispensable de faire référence toujours à un traducteur assermenté et professionnel malgré le développent accéléré des outils de traduction de l’IA afin éviter d'éventuelles erreurs et avoir de graves résultats lors de la traduction de textes juridiques.
Plus largement, dans les documents juridiques, il s’avère que : « la phraséologie implique généralement la voix passive et des phrases composées longues et complexes. Certaines langues privilégient la voix active ou les phrases courtes » (https://www.lionbridge.com, 4 février 2023). Contrairement au traducteur humain, l'intelligence artificielle ne peut pas réfléchir ou raisonner de manière créative, elle est limitée à la répétition des informations qu'elle a stockées dans son système neuronal.
Néanmoins, afin d’avoir une bonne qualité et meilleure conséquence en traduction du texte juridique, il est important d’avoir recours à un traducteur assermenté, celui-ci sera prêt à prendre en considération des facteurs complexes qui influence la traduction juridique, surtout lorsque le contenu et les circonstances sont difficiles et couvrent divers pays, systèmes juridiques, cultures, langues, etc.
Conclusion
Au final, on peut admettre que l’intelligence artificielle (IA) gagne rapidement du terrain à l’ère actuelle. L’IA est en expansion continue et elle fait l’objet d’investissements considérables dans les sciences humaines et sociales, l’économie, la culture, la communication, l’armée, etc. Alors, cette technologie innovante a entraîné une transformation majeure dans de nombreux secteurs et redéfini concrètement notre méthode de travailler.
Par ailleurs, l’un des domaines dans lesquels l’intelligence artificielle a joué un rôle central est celui de la traduction intelligente. Les outils de traduction basés sur l’IA ont connu un grand développement, qui sont utilisés par les utilisateurs amateurs, les chercheurs et les professionnels de la traduction.
Malgré cet essor remarquable de l’IA, il ne peut remplacer le traducteur humain surtout dans la traduction de certains textes en SHS, car ce dernier possède une capacité émotionnelle irremplaçable. De ce fait, l’IA éprouve d’un enjeux majeur à la compréhension du sens et du contexte des textes traduits, comme ceux que l’on retrouve dans les domaines de littérature, de philosophie, etc., qui nécessitent l’intervention d’un traducteur humain. Par conséquent, lors du processus de traduction, l’IA n’accomplit pas bien les mêmes tâches que la traduction humaine, comme les émotions, la capacité de prendre des décisions, ainsi que de contempler et de lire la pensée critique des écrivains, psychologues, philosophes et autres.
Non seulement, la traduction intelligente se heurte actuellement aux autres défis et problèmes en termes de qualité et d’exactitude des traductions, ainsi qu’en termes de protection des informations qui peuvent être vulnérables au piratage ou à la falsification intentionnelle. Alors, le respect de la confidentialité des informations doit être totalement une grande priorité, notamment des informations liées aux domaines d’invention scientifique, financier et militaire.
L’IA fait face à une autre problématique, elle ne peut pas traduire des œuvres comme ceux de poétiques, littéraires, juridiques. D’une part, cette difficulté vient du fait que les poèmes regroupe beaucoup des images métaphoriques, d’allusions. Ils sont difficiles d’être traduits par le biais d’un outil traducteur intelligente. De l’autre, la traduction de ce type de texte nécessite un traducteur humain capable de comprendre le sentiment et l’état psychologique du poète ou du romancier. Parce que ces personnes disposent d’une imagination large et infinie pour bien dessiner l'image poétique d'un poème ou d'une œuvre littéraire.
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