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Al-Noor Journal for Humanities
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https://jnh.alnoor.edu.iq/
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AI & technology in Languages, Humanities, Social sciences and Education
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Isabelle Bernard1 Waël Rabadi2
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1Colloque international de l’Université AlNoor de Mossoul (Irak), 6 et 7 mars 2024, 2Intégrer l’IA dans les cours de littérature en FLE,Une expérience innovante des universités jordaniennes
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Article information
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Abstract
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Article history:
Received 7, October, 2024
Revised 10 November, 2024
Accepted 18 November, 2024
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Résumé
Cet article est un retour d’expérience menée de concert dans deux universités publiques jordaniennes en vue d’utiliser au mieux, de façon créative et innovante, les outils de l’intelligence artificielle en classe de FLE. D’abord, il relate la préparation, le déroulement, la finalité et les aboutissements de cours, d’exercices et d’examens conçus avec l’appui de Chat GPT, Gamma.AI, Curipod ou Magic School. Ensuite, à l’aide de quelques séquences pédagogiques testées dans les classes de littérature des BA (Bachelor of Arts) d’un niveau attendu B2, il explore pour le valoriser le potentiel illimité de ces outils d’apprentissage, en montrant notamment comment la maîtrise de l’IA et la créativité des enseignants impliquent automatiquement celles des apprenants. Enfin, il souligne la nécessité d’adjoindre à la pratique de l’IA dans la sphère universitaire de strictes règles éthiques tant du côté des enseignants que du côté des étudiants.
Mots-clefs : IA, FLE, littérature française, écriture créative, usages et éthique
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Keywords:
AI, French for foreigners
French literature,
creative writing
Ethics
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Correspondence:
Mohammed Nihad Ahmed
[email protected]
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DOI: https://doi.org/10.69513/jnfh.v2.i4.a10 ©Authors, 2024, College of Education, Alnoor University.
This is an open access article under the CC BY 4.0 license (http://creativecommons.org/licenses/by/4.0/).
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AI in French literature courses in French for foreigners. An innovative experience from Jordanian universities.
Isabelle Bernard1 Waël Rabadi2
1Colloque international de l’Université AlNoor de Mossoul (Irak), 6 et 7 mars 2024, 2Intégrer l’IA dans les cours de littérature en FLE,Une expérience innovante des universités jordaniennes
This article is feedback from experience carried out together in two Jordanian universities with a view to making the best use of AI in French for foreigners’ classes. It presents several examples of courses and exams specially created with the support of Chat GPT, Gamma.IA, Magic School and more, tested in BA (Bachelor of Arts) literature classes at an expected B2 level. Then, with the help of some detailed sequences, it highlights the unlimited potential of these learning tools, in particular by showing how the mastery of AI and the creativity of teachers involve those of learners. Finally, it underlines the need to add to the use of AI in the university sphere strict ethical rules both on the side of teachers and on the side of students.
1.Introduction
Intégrer l’IA dans les cours de littérature en FLE Une expérience innovante des universités jordaniennes
Dans le cadre de l’application d’une pédagogie active en lien avec les nouvelles technologies, désormais fortement recommandée dans les universités publiques jordaniennes, notre binôme a entrepris d’intégrer les outils de l’Intelligence artificielle (IA) dans les cours de littérature française, délivrés par l’Université de Jordanie et l’Université Al-Albayt. L’IA (IA) peut se définir comme
[…] l’ensemble de méthodes mathématiques et de technologies informatiques destinées à résoudre des problèmes ordinairement traités par l’esprit humain, de l’accompagnement des tâches humaines (les outils numériques) à la substitution à l’humain (c’est l’horizon d’une “IA générale” capable de produire des raisonnements) .
À l’ère du tout numérique, la possibilité de recourir à l’IA dans l’éducation ouvre de nouvelles voies sur lesquelles nous nous sommes engagés pour aborder l’enseignement-apprentissage du FLE en contexte arabophone. Le retour sur cette expérience inédite et exploratoire que nous vous proposons aujourd’hui a toutefois moins pour finalité de dresser des bilans chiffrés sur la progression des étudiants que pour dessein de tester et valoriser un nouveau type de didactique de l’écrit et du texte littéraire, apte à rendre les programmes de FLE plus attractifs et plus performants.
À l’appui de recherches et de réflexions éminentes sur le sujet, en particulier celles engagées en France par le programme CulturIA, conjointement conduit par la Sorbonne et le CNRS , nous vous présenterons cette pratique de classe selon trois points : le premier relatera la préparation, le déroulement, la finalité et les aboutissements de séquences pédagogiques conçus avec l’appui de ChatGPT, Gamma.A
I, Curipod, Perplexity, Claude et Magic School. Le second détaillera les exercices testés dans les classes de littérature des BA (Bachelor of Arts) d’un niveau attendu B2 afin de souligner le potentiel illimité de ces outils dans l’apprentissage du français ; il montrera, en particulier, comment la maîtrise de l’IA et la créativité des enseignants impliquent automatiquement celles des apprenants. Le troisième enfin mettra en lumière la nécessité d’adjoindre à l’utilisation de l’IA dans la sphère universitaire des règles éthiques strictes et périodiquement révisées, tant du côté des enseignants que du côté des étudiants.
1-Quels outils d’IA pour le cours de littérature ?
Depuis 1987, le Département de Français de l’Université de Jordanie à Amman propose des cours de langue et culture françaises à près de cinq cents apprenants par an répartis au sein de cursus de Bachelors of Arts , fortement axés sur des compétences de compréhension et d’expression écrites, incluant quatre cours obligatoires de littérature française. Symétriquement, à l’Université Al-Albayt, le Département des Langues française et anglaise, refondu en 2022, offre un cursus de BA à double majeure, assorti de quatre cours de littérature française à environ trois cents apprenants. Au fil des décennies, les équipes enseignantes ont adapté leur pédagogie à la massification des étudiants, aux demandes du marché du travail ainsi qu’aux nouvelles technologies numériques. Les requêtes des universités publiques, désormais toutes en lice dans le classement international de Shanghai, sont particulièrement contraignantes dans le domaine de l’enseignement-apprentissage de la littérature : entre la troisième et la quatrième année du BA, les candidats sont, en effet, invités à valider une série de trois cours d’histoire littéraire couvrant une large période allant du XVIe au XXIe siècle. Il est évident que, pour les débutants arabophones, ce programme relève du défi : seule une minorité d’apprenants faux-débutants ont pu pratiquer le français courant lors de leurs études secondaires, en ont acquis les bases et valident aisément le DELF A2 en fin de deuxième année. En outre, il persiste dans la composition des effectifs une nette dichotomie entre les apprenants en quête de pratique scripturale et ceux en quête d’apprentissages linguistiques que, bien souvent, l’analyse littéraire paralyse . Ces derniers ont rarement eu à expérimenter un autre modèle pédagogique que « le modèle instructiviste et instructionniste » qui sous-tend que l’apprentissage est plutôt le fait d’engranger des connaissances en demeurant un récepteur passif. Même si l’utilité de cet enseignement est parfois mise en doute face à des filières plus directement professionnalisantes, la proportion d’inscrits ne baisse pas. Il a toutefois été inscrit au plan quinquennal de nos programmes de 2023 à 2028 l’obligation de procéder à des aménagements structuraux dans les cursus.
Pour prendre part à la réalisation de cet objectif, nous avons repensé nos cours afin d’y intégrer une part d’innovation. Sans partager jamais la crainte de voir le professeur remplacé par la machine , nous sommes néanmoins demeurés attentifs à la somme de réserves émises à l’encontre de l’IA.
[Les] développements récents et l’émergence d’applications industrielles ont nourri d’intenses débats qui questionnent les représentations du partage entre le vivant et la machine, interrogent les notions d’autonomie et d’originalité, modifient notre rapport à la mémoire, reformulent nos catégories philosophiques, éthiques et esthétiques en interrogeant l’idée même de culture.
Nourries par les informations, les pratiques, les croyances et les peurs vis-à-vis des technologies, surtout des robots, les polémiques et les débats vont bon train à l’heure où l’IA offre de meilleures performances que l’humain dans de nombreuses tâches spécialisées . Malgré certaines résistances qui persistent dans l’imaginaire collectif, il est désormais admis que les enseignements universitaires ne peuvent plus se présenter comme de simples reproductions d’un état (en partie obsolète) des savoirs et savoir-faire. Par conséquent, nous nous sommes interrogés sur la pertinence, l’efficacité et l’impact de ces outils sur l’apprenant et sur l’enseignant, ainsi que sur la réglementation à bâtir à propos de la collecte et du traitement des traces pédagogiques et des données personnelles des utilisateurs, et aussi sur les moyens de contourner la facilité à plagier, donc à frauder grâce à l’IA. « Il faut aider les apprenants à remettre en cause certaines de leurs représentations, comme une conception des apprentissages uniquement comme accumulation de savoirs, ou encore la crainte de se confronter à des données complexes » .
Dans un second temps, nous avons sélectionné des outils efficaces et faciles d’utilisation qui correspondent à notre profil d’enseignants : débutants avec ces supports mais anciens dans l’exercice de l’enseignement. Leur première qualité est d’apporter un indéniable renouveau, ce qui est très motivant, d’autant qu’ils sont en passe de devenir incontournables dans le quotidien. Deux nous ont particulièrement séduits : Chat GPT et Gamma.AI. Le premier est un outil de génération de textes, de traductions, de résumés, de questions… Sa constante mise à jour indique sans doute son infinie perfectibilité. Ses usages sont tellement variés et divers qu’en tant que néophytes, nous avons d’abord eu des difficultés à les canaliser. Nous avons toutefois évité ses principaux écueils dans la préparation des cours pour ces motifs que nous avons listés ensemble : d’abord, nous aimons écrire nos séquences et les améliorer par nous-mêmes. Nous ne travaillons jamais dans la précipitation sur des documents (textes, images, vidéos…) que nous ne connaissons pas. Nous cernons nos objectifs pour chaque cours et avons coutume de faire reposer nos examens sur ce qui est préparé, expliqué et corrigé en classe. Par conséquent, nous avons utilisé Chat GPT pour nous seconder dans la préparation de résumés qui servent de modèles ou de corrections aux exercices donnés en classe, dans la conception de quiz mais aussi de questions ouvertes. En fait, comme nous avions tous deux l’habitude de créer de toutes pièces exercices et examens, l’utilisation de Chat GPT nous a surtout permis de gagner du temps. Il a également rendu possible le renouvellement de nos banques d’examens.
Gamma.AI est, quant à lui, un outil de mise en forme de textes et de documents pour des exposés, des cours, des supports de cours ou de présentations orales. Nous avons apprécié la simplicité de son exploitation dans le cadre du toilettage de nos fascicules de littérature. Gamma nous a intéressé essentiellement parce que nous voulions refondre la présentation graphique de nos cours pour les rendre plus attractifs. Il nous a aidé à intégrer des contenus transdisciplinaires aux textes littéraires, d’ajouter des illustrations utiles et nécessaires. Ses fonctionnalités offrent vraiment de personnaliser le contenu, de sélectionner textes, illustrations et vidéos, ce qui était tout à fait pertinent pour notre pratique de classe. Enfin, ces deux outils sont suffisamment malléables dans leur contenu pour que notre marque personnelle s’y imprime et que nous évitions ainsi plagiat, pièges des hallucinations, répétitions de banalités, voire d’erreurs induits par les biais fondateurs…
2-Analyse de séquences pédagogiques élaborées avec l’IA
C’est par la refonte du cours d’histoire littéraire, précisément par le panorama offert sur le XVIIIe siècle, qu’au semestre dernier, nous avons débuté dans nos Départements respectifs notre expérimentation de l’IA. Notre séance portait sur les symboles et emblèmes de la République française hérités des Lumières et de la Révolution de 1789. Voulue ludique et interactive, destinée à des étudiants de 4e année, d’un niveau requis B1, voire B2, elle constitue le chapitre-bilan d’un cours de six semaines de trois séances hebdomadaires de quarante minutes, consacrées au contexte historique et aux écrivains-philosophes majeurs (Voltaire, Diderot, Rousseau, Montesquieu…), assorties de quelques exercices d’analyse de textes. Les habiletés attendues sont celles du cours semestriel qui apparaît dans le syllabus dédié : « Analyser, évaluer et critiquer des œuvres et textes littéraires français en relation avec les genres, les périodes historiques et les approches critiques utilisées dans l’analyse des textes et œuvres littéraires » . Aux termes de la leçon, les étudiants seront capables de reconnaître dans les symboles de la France actuelles ceux qui ont été hérités des Lumières et de 1789. Ils pourront en décrire au moins cinq en quelques phrases simples et expliquer leur lien avec le XVIIIe siècle.
Nous avons conçu un prompt assez complet dans Gamma qui généré un projet que nous avons relu et complété en fonction de nos besoins et nos attendus pour obtenir cette leçon : https://gamma.app/docs/blj2bckvu1p8pdl. Nous avons ensuite préparé une évaluation sur 20 points sous la forme de trois exercices : un QCM (5 points), un questionnaire vrai ou faux (5 points) et la conception d’un QCM collaboratif entre étudiants réalisé à l’aide de ChatGPT (10 points). Nous avons fait appel à Chat GPT avec ce prompt de départ « quiz en 5 questions sur les symboles des Lumières devenus ceux de la République française niveau A2 » que nous avons été contraints d’enrichir et d’orienter plusieurs fois pour être satisfaits. Voici deux des propositions qui ne nous convenaient pas par rapport aux éléments apporté par le cours :
- Quel symbole des Lumières représente la liberté et est souvent associé à la République française ?
a)La rose
b)La colombe
c)La flamme
-Quel édifice emblématique des Lumières est également un symbole majeur de la République française, représentant l’égalité et la justice ?
a)Le Parthénon
b)La Tour Eiffel
c)Le Panthéon
Pour le questionnaire Vrai ou faux, nous avons obtenu plus de propositions satisfaisantes avec moins de prompts :
-Le bonnet phrygien, symbole de la République française, trouve ses origines dans la Grèce antique. □ vrai □ faux
- La Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 a été directement inspirée par l’Encyclopédie de Diderot et d'Alembert. □ vrai □ faux
- La Tour Eiffel, construite au XIXe siècle, est un symbole des Lumières associé à la liberté. □ vrai □ faux
Réponses : 1. Faux 2. Vrai 3. Faux
Parallèlement à ces ajustements, nous avons entré la leçon élaborée par Gamma dans ChatGPT avec la même demande de génération d’un QCM en cinq questions et d’un questionnaire vrai ou faux.
- Quand les Lumières ont-elles émergé en France ?
- a) au XVe siècle
- b) au XVIIe siècle
- c) au XVIIIe siècle
- Quels principes les Lumières ont-elles prônés ?
- a) La superstition et l’ignorance
- b) La raison, la connaissance et la liberté de pensée
- c) L’autorité politique absolue
Pour chaque page Gamma, nous avons demandé et obtenu en un temps record un QCM avec ce type de questions :
- Quel rôle les symboles de la Révolution et des Lumières jouent-ils actuellement dans la vie politique et culturelle de la France ?
- a) Ils n’ont plus d'importance
- b) Ils jouent un rôle mineur
- c) Ils continuent à jouer un rôle majeur
- Comment les symboles de la République sont-ils perçus par les citoyens français, indépendamment de leurs origines ?
- a) Ils ne suscitent aucun intérêt
- b) Ils sont divisés à ce sujet
- c) Ils sont des unificateurs
Après relecture, modifications, classement et vérification de la validité des réponses, nous avons obtenu une banque de questions que nous avons utilisée lors des séances de révisions de fin de semestre et à l’occasion des examens de rattrapage. Évidemment, les générateurs de quizz comme Quizwizard et Questionwell auraient pu grandement nous aider dans la conception de questions sur mesure pour nos classes. Nous prévoyons donc de poursuivre la refonte de nos fascicules en utilisant un plus large panel d’outils.
La séance que nous avons optimisée à l’aide de l’IA repose sur la pédagogie du projet, privilégiée dans le Royaume : composée d’une visée planifiée collectivement et d’un programme, elle met un groupe d’apprenants en situation d’exprimer en autonomie des envies, des besoins, des manques et de trouver les moyens de répondre à ces questionnements. Comme exercice d’application, nous avons imposé la conception d’un QCM collaboratif . En fin de chapitre, ce type d’exercice qui stimule l’émulation est toujours profitable aux apprenants car il leur offre de réviser leurs acquis, en les affinant et les précisant, avant de passer à la leçon suivante, consacrée au XIXe siècle. À l’Université de Jordanie, la section de littérature était constituée de 37 étudiants qui ont travaillé par groupes de deux ou trois. Chaque groupe avait pour objectif de concevoir un questionnaire sur le cours avec trois propositions de réponses parmi lesquelles l’une devait être comique. Cette consigne particulière amène une touche de légèreté dans le cours dans lequel sont abordés des concepts assez ardus et que les étudiants n’apprécient pas forcément. Beaucoup parmi eux ne connaissaient pas ChatGPT : en revanche, ils étaient tous de grands utilisateurs de Wikipédia et Google Translate. Afin de leur faire découvrir cet outil très séduisant dans son utilisation tout en les faisant s’interroger sur leur propre éthique d’étudiant, nous avons donc demander aux groupes de produire des prompts en vue d’obtenir une banque de quiz. L’écriture de ces prompts s’est révélée un défi en soi : si les enseignants peuvent aisément se considérer tels des « […] prompt engineers très compétents pour la simple raison [qu’ils sont] habitués à donner des instructions précises […] quotidiennement sous plusieurs formats » , les étudiants doivent encore acquérir ces tâches en langue étrangère. Après quelques essais plus ou moins fructueux, ils ont pu sélectionner les meilleures propositions et les classer selon leur pertinence par rapport au contenu du cours : leur appréhension du XVIIIe siècle possède des limites que Chat GPT n’a pas. Le leur faire remarquer a été une façon de les conscientiser sur l’IA et ses impacts, à la fois positifs et négatifs.
Avec le prompt suivant : « produire le même quiz avec une réponse comique proposée parmi les trois réponses », ChatGPT a d’abord généré des questionnaires avec des sentences totalement farfelues, que nous n’avons pas retenues.
- Quel rôle incroyablement passionnant les symboles de la Révolution et des Lumières jouent-ils actuellement dans la vie politique et culturelle de la France ?
- a) Ils organisent des fêtes de la confiture
- b) Ils jouent à cache-cache avec les politiciens
- c) Ils continuent à jouer un rôle majeur, mais uniquement en ligne
- Comment les citoyens français perçoivent-ils les symboles de la République, même s'ils ont oublié leur origine après une soirée de fromage et de baguette ?
- a) Ils organisent une chasse au trésor avec des croissants
- b) Ils discutent de l'origine des symboles pendant une sieste
- c) Ils les considèrent comme des unificateurs, surtout lorsqu'ils sont déguisés en escargots
- Quelle superpuissance fantastique les symboles de la Révolution exercent-ils encore aujourd’hui dans la lutte pour les droits de l'homme et la justice sociale ?
- a) Ils peuvent transformer les escargots en super-héros
- b) Ils inspirent les luttes, mais seulement lors des soirées karaoké
- c) Ils influencent les politiciens en remplaçant leurs discours par des blagues de papier toilette
Réponses :
- c) Ils continuent à jouer un rôle majeur, mais uniquement en ligne
- c) Ils les considèrent comme des unificateurs, surtout lorsqu'ils sont déguisés en escargots
- c) Ils influencent les politiciens en remplaçant leurs discours par des blagues de papier toilette
L’IA n’a pas exactement répondu à nos demandes, ce qui nous a conduit à rappeler aux étudiants combien ils devaient rester vigilants quant aux réponses qu’ils avaient obligation de soigneusement retravailler. Répété, l’exercice a renforcé leurs capacités d’argumentation, de description ou d’explication, tant il est exact qu’un
[…] enseignant provoque un apprentissage actif lorsqu’il met les étudiants dans des situations qui les incitent à concevoir un projet, à le mettre en œuvre et à réfléchir à ce qu’ils font et à partir de ce qu’ils font .
Voilà deux exemples de ce qui a été produit avec les propositions de l’IA et retouché par les étudiants : autour du champ lexical de la lumière induits par la métaphore, nous avons retenu lanterne, plutôt qu’électricité, qui s’avère très intéressant pour une contextualisation à la fois lexicale et civilisationnelle .
Qui sont les Lumières ?
- Les célèbres inventeurs de l’électricité : Voltaire, Rousseau, Diderot.
- Les célèbres écrivains et philosophes du XVIIIe siècle : Voltaire, Rousseau, Diderot.
- Les célèbres marchands de lanternes du XVIIIe siècle : Voltaire, Rousseau, Diderot.
Autour des personnalités phares des Lumières, nous fait générer par ChatGpt une liste d’illustres personnalités françaises (de Voltaire à Hugo en passant par Larousse et Molière…) et les avons associés :
Qui a dirigé l’Encyclopédie ?
-Diderot et d’Alembert
-Voltaire et Rousseau
-Larousse et Robert
-Voltaire et Molière
Les outils de l’IA peuvent devenir des vecteurs pédagogiques tant pour enseigner qu’apprendre en s’amusant ; nous l’avons constaté lorsque les participants se sont pris au jeu et ont moqué les groupes qui commettaient des erreurs, confondaient finalement Molière et Montesquieu... Toujours actifs et développant des stratégies interprétatives qui emploient des composantes linguistiques, socio-culturelles et psychoaffectives, les apprenants ont tous travaillé leurs compétences rédactionnelles et communicationnelles orales et écrites ; symétriquement, ils se sont ouverts différemment au patrimoine culturel et littéraire de la langue étrangère dans une approche interactive. L’IA n’a donc en rien déshumaniser l’acte éducatif à l’étude.
Nombreuses, les implications épistémologiques d’une telle entreprise amenant à une bonne acculturation de l’IA interpellent nos pratiques didactiques, tant la confiance qui est accordée à la praxis impose un déplacement important des habitudes académiques jordaniennes quant à l’étude littéraire. À l’aide de tels exercices intégrés dans son cursus, nous sommes persuadés que l’apprenant sera capable d’avoir du recul sur ses connaissances, de les manipuler, de les travestir en imitant pour une part l’IA… Il acquerra ainsi une autonomie linguistique inestimable en devenant un producteur linguistique valorisé, décomplexé, à l’imaginaire libéré : il sera à même de renforcer le sentiment de confiance en lui qui fait trop souvent défaut à nos effectifs.
Le sentiment d’insécurité linguistique apparaît comme lié à la perception, par un (groupe de) locuteur(s), de l’illégitimité de son discours en regard des modèles normatifs à l’aune desquels, dans cette situation, sont évalués les usages ; et partant, à la peur que ce discours ne le délégitime à son tour, ne le discrédite, ne le prive de l’identité, à laquelle il aspire, de membre de la communauté qui véhicule ce modèle normatif (Bretennier, 2003 : 9).
Récapitulons maintenant les points les plus positifs dans la conception de cette leçon. Du côté des apprenants, la qualité des documents courts, clairs et efficaces mis à leur disposition est à souligner. La génération de renvois directs aux explications données dans la leçon les met face à des exercices et des évaluations sans piège ni surprise, qui correspondent aux objectifs définis et aux compétences acquises. La présentation de l’exercice par Gamma est tout à fait pertinente sur ce point. Dans ce cadre, il sera sans doute bientôt possible d’affirmer que la pratique de l’IA en classe réduit le recours à la fraude lors des examens. Sans doute, faudra-t-il qu’un jour les enseignants intègrent l’IA dans les évaluations elles-mêmes : après l’aide à la conception, l’IA deviendra le partenaire des candidats évalués !
Côté enseignant, le gain de temps est inestimable, de même que le rendu du document est soigné et personnalisé. Le travail de relecture est moins harassant que celui de la création ex nihilo d’exercices et d’examens. Il est souhaitable d’ajouter une part plus imposante d’interactivité : documents, photos, vidéos et liens internet seront les bienvenus pour s’adapter tant aux besoins qu’aux goûts des apprenants, grands consommateurs de numérique. Le principal défi est pour l’enseignant de maîtriser ses connaissances sur le sujet qu’il travaille et de ne pas laisser totalement la main à l’IA.
Si, dans nos universités, la littérature n’est plus appréhendée comme l’aboutissement de l’apprentissage de la langue française, elle n’en demeure pas moins un domaine à exploiter en liaison avec l’IA. Les didacticiens du FLE expriment, d’ailleurs, une attention croissante à la problématique de son intégration dans les classes de langue. Dans cette mouvance, nous avons repris à notre compte l’interrogation de Stéphane Nowak : « Que veut-on que la littérature soit pour nos citoyens ? » . Selon nous, il serait souhaitable d’étendre le domaine d’enseignement du littéraire en intégrant l’écriture narrative et poétique assistée par l’IA comme pratique dans les cursus de FLE, et non pas seulement comme exercices d’application ponctuels. D’innombrables ressources sont disponibles gratuitement en français facile. Et puis, nous avons qu’en l’absence de textes adéquats, il est toujours envisageable les faire générer par l’IA !
3- Enseigner avec l’IA : une expérience qui requiert une expertise et une éthique humaines
Après un semestre d’essai d’intégration des outils de l’IA dans nos activités d’enseignants, il nous est clairement apparu que l’IA était un outil performant et perfectible qui garantit désormais à l’enseignant des ressources en tous genres et des idées toujours disponibles en quelques secondes. Avec la maîtrise desdits outils, le principal défi est de maintenir pour soi un niveau d’intégrité suffisamment haut pour tirer bénéfice de l’IA sans s’y soumettre, y laisser son éthique et son amour propre en cédant à la facilité. Face à sa classe, l’enseignant aura également à convaincre les apprenants d’utiliser à bon escient l’IA dans leur parcours universitaire et professionnel . En tant que praticiens de la littérature, nous devons trouver des moyens créatifs et innovants d’utiliser l’IA dans nos classes et ajouter à notre pratique une savante réflexion sur ses enjeux. Généraliser le processus de co-création avec les logiciels d’IA ne signifie pas cependant nous abstenir d’un questionnement sur les perspectives éducatives de l’IA. Nous prenons chaque jour conscience que nous vivons plus qu’un moment de transition mais qu’un profond changement sociétal a bel et bien été enclenché :
Transition : le mot est ici un presque un euphémisme pour décrire la transformation accélérée des entreprises, des gouvernements, des institutions et de la vie quotidienne des individus avec l’intégration et l’adoption des technologies numériques dans tous les aspects de la société. Révolution qui se joue en réalité en plusieurs étapes au moins depuis la naissance du web dans les années 1990 et dont les perspectives radicales ouvertes par ChatGPT a montré qu’elle était loin d’être terminée aujourd’hui. La conversion numérique de la vie ordinaire comme du travail et de la vie sociale a des impacts qui vont de l’écologie à nos dispositions cognitives et aucune des sciences humaines et sociales ne peut l’ignorer.
De fait, il apparaît évident que, d’ici quelques années, notre profession se sera complètement affranchie des modèles qui furent ceux qui nous ont précisément donnés envie d’enseigner. S’il ne l’est pas encore, l’enseignant deviendra un animateur, un passeur de connaissances, un facilitateur ; il aura à inventer son propre profil et devra suivre les évolutions extrêmement rapides et imprévisibles de l’IA. C’est-là un tournant technologique qui touche à l’intime de notre vocation et qui se place au cœur du projet politique de demain.
S’interroger sur les potentialités de l’IA a suscité beaucoup de réflexions dans des directions diverses ; certaines sont tout à la fois attirantes et incernables. Les grands modèles de langage comme ChatGPT sont à la disposition du grand public, gratuitement pour une large part d’entre eux et leur perfectibilité semble infinie. Dans le contexte d’accélération généralisée et de brouillage du discours, qui, par ailleurs, masque les implications sociales et politiques du déploiement de ces technologies (surveillance, renforcement des discriminations, travail précarisé et invisibilisé, automatisation de professions entières sous prétexte d’inéluctabilité du progrès), un retour réflexif nous sera salutaire.
Étant donné que le professeur est également un chercheur qui doit remettre en question ses connaissances en pédagogie et simultanément les savoirs de sa discipline afin de les enrichir et d’en offrir le meilleur à ses apprenants, le monde numérique lui impose de se questionner et de comprendre l’IA
[…] non seulement comme un ensemble d’algorithmes, mais aussi comme une “technoculture” où les sciences impliquées (mathématiques, sciences de l’information et sciences cognitives) sont inscrites dans des institutions qui configurent les pratiques scientifiques, mais également dans des contextes culturels situés et dans des imaginaires qui impliquent des idéologies, des fictions et des représentations sensibles.
La réflexion des chercheurs en civilisation et en littérature accompagne d’ores et déjà les phénomènes contemporains qui, amplement sensationnalisés par les médias, vantent l’art généré par les IA et dévaluent l’agentivité humaine dans le processus créatif, font passer les algorithmes pour des artistes et alimentent la fiction d’une super-intelligence... Elle couvre des champs inexplorés tels l’écrivain et la machine, la doxa littéraire face à l’IA, la place de l’IA dans la création de fictions, comment lire un roman écrit par une voiture, qu’est-ce que la littérature post-humaine ? Que dire encore des avancées dans le traitement des mégadonnées qui, appliqué aux champs littéraires, font évoluer disciplines et recherches ? L’on évoque aujourd’hui la transtextualité numérique (en anglais, distant reading), une méthode de recherche appliquée à des mégadonnées textuelles, à des fins d’étude de corpus d’œuvres littéraires.
Au terme de cette expérience de didactique de la littérature en FLE est apparue la nécessité d’intégrer une pédagogie innovante assistée par l’IA aux enseignements crédités de la première année à la quatrième année du BA ; elle se double de l’exigence de mettre régulièrement en cohérence les cursus selon les évolutions rapides de l’IA. En outre, elle requiert des institutions une flexibilité et une ouverture aux innovations qui, bien que coûteuse dans un premier temps, est déjà engagée. En une décennie, la présence du numérique s’est généralisée dans les universités du Royaume. L’ensemble de leurs locaux sont équipés et connectés, la communication étant un enjeu majeur de la transition numérique. La pandémie de Covid 19 a, du reste, accéléré cette transformation en multipliant le volume de la dématérialisation numérique des documents (courriers, copies d’examens…) et l’offre de cyberformation (e-learning, e-training), faisant appel à des ressources et à des dispositifs pédagogiques accessibles dans un espace numérique. L’époque a contraint les utilisateurs à se recourir à des technologies plus avancées que les simples agents conversationnels de type FAQ. Rendue obligatoire, la formation continue fait l’objet de comptes-rendus annuels pris en considération dans l’évaluation individuelle des professeurs. Comme partout dans le monde, réserves et réticences demeurent cependant, tenaces ; elles ne seront contrées que grâce à de profonds changements de mentalités, allant de pair avec une valorisation du rôle des enseignants. L’IA « génère des peurs et des rêves » : il est de notre devoir à nous autres, enseignants, de les apprivoiser les unes et les autres, afin d’en baliser au mieux l’appréhension par nos étudiants.
Précocement, le philosophe Michel Foucault se demandait justement si « notre tâche à venir ne serait pas de nous avancer vers un mode de pensée, inconnu jusqu’à présent dans notre culture, et qui permettrait de réfléchir à la fois, sans discontinuité ni contradiction, l’être de l’homme, l’être du langage » .
Notices auteurs
Isabelle Bernard
Département de Français, Université de Jordanie (The University of Jordan)
00 962 796 468 016
[email protected]
Isabelle Bernard est Professeure au Département de Français à l’Université de Jordanie (The University of Jordan) à Amman depuis 2009. Ses domaines de recherches sont la littérature française et francophone, la culture et la pensée françaises contemporaines. Elle a publié une monographie intitulée « Patrick Deville : “une petite sphère de vertigeˮ. Parcours dans une œuvre contemporaine » (Paris, L’Harmattan, 2016) ainsi qu’une soixantaine d’articles sur le roman français actuel. Elle a également fait paraître des travaux en didactique de la littérature, notamment sur l’apport du journal d’étudiants et de la pratique du théâtre en FLE, grâce à des expériences interuniversitaires menées avec ses étudiants.
Par ses participations régulières à des traductions en langue française (les romans Toi dès aujourd’hui (1968) de Tayssir Sboul (Dar Azmina, 2011), Al-Najdi le marin et Hâpy. Histoire d’un transgenre koweïtien de Taleb Alrefai (Actes Sud, 2020 et 2022) ainsi que des extraits de l’Épopée d’Antar Ben Chaddad (Dar Azmina, 2019), elle participe au processus de valorisation du patrimoine littéraire arabe ancien et contemporain.
Elle a été à l’initiative de l’organisation des principaux colloques francophones des universités de Jordanie : « La réception mondiale et transdisciplinaire des Mille et une Nuits » (Université Al-Albayt, 2011), « La réception transdisciplinaire d’Albert Camus » (Université de Jordanie, 2013), « Trajectoires et discours d’écrivaines dans et sur le monde arabe » (Université Al-Albayt et La Sorbonne-Abu Dhabi, 2024). Elle a aussi co-organisé le premier colloque international consacré aux « Création(s) et réception(s) de Patrick Deville » (2017) à l’Université de Regensburg (Allemagne).
References
Alexandre Gefen, « IA : pour une histoire culturelle », Revue d’histoire culturelle, n°4, 2022, https://journals.openedition. org/rhc/1204, consulté le 14 janvier 2024. « […] modèles de langages, super-ordinateurs, autocomplétions, neurones artificiels, apprentissage profond, transformeurs […]» constituent d’autres avancées de ces dernières années.
Pour en savoir plus sur ce programme dirigé par Alexandre Gefen : https://cis.cnrs.fr/culturia/, consulté le 14 janvier 2024.
Le BA d’une durée de 4 ans équivaut à la Licence dans le système LMD.
Plusieurs articles parus entre 2005 et 2015 ainsi qu’un recueil d’observations colligeaient les témoignages de professeurs, d’étudiants et de directeurs de programmes passablement négatifs, parmi lesquels Dorothee Fritz-Ababneh, « Enseigner la littérature arabe dans un pays arabe (non francophone) », Actes du colloque L’interculturel et l’enseignement du FLE, Mafraq, Presses de l’Université Al-Albayt, 2006, p. 120-126.
Legros, Denis, Jacques Crinon et Patrice Georget (dir), Les effets des systèmes et des outils multimédias sur la cognition, l’apprentissage et l’enseignement. Rapport du CNCRE (Comité national sur la coordination de la recherche en éducation), 2000, https://edutice.archives-ouvertes.fr/edutice-00000351/document, consulté le 12 janvier 2024.
« En général, les individus ont une vision déformée de la technologie, faisant référence à tort à des robots humanoïdes quand il s’agit d’assistants intelligents en éducation » précise Aurélie Jean (dir), « Agents conversationnels en classe. Avancées et recommandations », Ministère de l’Éducation Nationale et de la Jeunesse, Conseil Scientifique de l’Éducation Nationale (CSEN), novembre 2021, p. 10, https://www.reseau-canope.fr/fileadmin/user_upload/Projets/conseil_scientifique_education_nationale/Synthese_IA_et_numerique__version_finale__.pdf, consulté le 10 janvier 2024.
Alexandre Gefen, « IA : pour une histoire culturelle », art. cit.
Par exemple : « […] classification d’images et de documents, traduction, analyse des tendances et prédiction, production de sons, textes et images, résolution, jeux élaborés […] », explique Alexandre Gefen, « IA : pour une histoire culturelle », art. cit.
Coécrit avec ChatGPT, l’ouvrage d’Alexandre Gefen, Vivre avec ChatGPT. L’intelligence artificielle aura-t-elle réponse à tout ? (Paris, L’observatoire, 2023, 192 p.) s’attaque à l’intelligence artificielle générative, qui devient à la fois sujet d’une étude approfondie et agent narratif.
Malheureusement, nous n’avons pas réussi à intégrer dans cette expérience les apprenants en situation de handicap, notamment de déficience visuelle, qui s’inscrivent plus nombreux dans nos universités depuis quelques années.
Legros, Denis, Jacques Crinon et Patrice Georget (dir), Les effets des systèmes et des outils multimédias sur la cognition, l’apprentissage et l’enseignement. art. cit.
Le syllabus est en anglais :“Analyze, evaluate, and critique French literary works and texts in relation to genres, historical periods, and criticism approaches used in analyzing literary texts and works”.
Sur l’utilisation des quiz et d’exercices interactifs avec l’IA, l’on consultera Annie Gupta « Exploration des frontières culturelles : L’intégration de l’Intelligence Artificielle (IA) dans l’enseignement du Français Langue Étrangère (FLE) pour favoriser l’intercompréhension culturelle », https://www.jetir.org /papers/ JETIR2312111.pdf, consulté le 14 janvier 2024.
Nous regrettons de n’avoir pas conçu de questionnaire de satisfaction pour faire évaluer cette expérience par nos étudiants respectifs, d’autant que l’IA aurait pu le générer.
Ambre Fini, « L’intégration de l’intelligence artificielle dans la classe de FLE : approches et applications de base », Francophonia.fr, 26 septembre 2023. https://www.francophonia.com/lintegration-de-lintelligence-artificielle-dans-la-classe-de-fle-approches-et-applications-de-base/, consulté le 15 janvier 2024.
Françoise Raynal et Alain Rieunier, « Actif » dans Philippe Meirieu (dir.), Pédagogie. Dictionnaire des concepts-clés. Paris, ESF, 2010, 412 p.
La lanterne est un objet d’éclairage courant au XVIIIe siècle et l’expression « À la lanterne ! », restée célèbre grâce à la chanson révolutionnaire « Ah ça ira ! », était une exclamation utilisée pendant la Révolution lors d’exécutions sommaires par pendaison aux poteaux supportant les lanternes des villes : « Ah, ça ira, ça ira/ Les artistocrates à la lanterne / Ah ça ira, ça ira / Les aristocrates, on les pendra ».
Pour un listage des bénéfices et limites de l’intégration de l’IA dans les classes, l’on se reportera à Ambre Fini, « L’intégration de l’intelligence artificielle dans la classe de FLE : approches et applications de base », art. cit.
Notamment celui de l’Élysée, rubrique « la République expliquée aux enfants », https://www.elysee.fr/la-presidence/les-symboles-de-la-republique-francaise-expliques-pour-les-enfants, consulté le 16 janvier 2024.
Stéphane Nowak, « Performances et pratiques d’écriture créatives. Extensions en aval et en amont du texte », Elfe XX-XXI, n°8, 2019, http://journals.openedition.org/elfe/1500, consulté le 12 janvier 2024.
Selon Gefen, l’intelligence artificielle généraliste est assurément la prochaine étape d’une autonomisation croissante de la machine, déjà en cours d’avènement, par exemple, avec les réseaux de neurones adversatifs (GAN) utilisés dans les outils de génération automatique d’images et qui consistent à entraîner une IA à s’améliorer elle-même.
Alexandre Gefen, « La recherche en sciences humaines et sociales au cœur de la transition numérique », La lettre de l’InSHS no 82, mars 2023, p.28.
Ces propos sont extraits du blog : https://cultureia.hypotheses.org, consulté le 11 janvier 2024.
Alexandre Gefen, « IA : pour une histoire culturelle », op. cit.
Michel Foucault, Les mots et les choses, Paris, Gallimard, 1996, p. 349.