| Mots, rythmes, sons, syllabes, images, sentiments, tout devient dans l’Homme et la Mer poreux, résonnant, translucide. Tout s’y charge d’échos, s’y rejoint en tout, et tout s’y déroule dans un climat de solennité. Cette étude est une approche sémiologique de la poésie baudelairienne dans ce poème qui présente un ensemble de messages qualificatifs manifestant des catégories sémiques. Son espace est propre où on peut entendre deux vocables plurioccurrents Homme et Mer. Ce sont les mots-thèmes autour desquels tournent les autres mots du poème, et dont la fréquence s’écarte de la normale. Ce qui peut être intéressant est l’enjeu de ces deux mots avec les autres mots dans le contexte global. Baudelaire invente l’analogie des objets à comparer en employant tous les artifices de l’art et du langage. L’imagination créatrice et les opérations du langage; phoniques, syntaxiques, sémiques et métaphoriques, ont réussi à traverser les distances, à jeter dans l’insondable le bonheur d’une architecture vivante du poème et les fortes structures qui évoquent par la comparaison entre l’homme et la mer la vision de Baudelaire sur le monde et la nature. |